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lundi 2 juillet 2007

PARFAIT DECIMAL

Vouloir, oui. Mais sans l’autre car pour lui. Ne plus faire qu’un. Et s’enfuir, toujours. Ou bien enfouir sa propre tête dans le sable, lourd de sens. Contresens. Je retourne la question. Pas en lui. Pas en elle. Désormais piégée par l’éclipse, aveuglée par les images, dégoûts ressurgissant de ce même puits.

Ne plus faire qu’un. Invisible ET séparable. Un tout rempli de son propre vide. Mirage chassé par un courant d’air. Eclat d’un miroir rouillé, rance. Même pas un reflet, encore moins une ombre. La cécité serait un luxe. Un crachat en éclats.

Un visage dont on ne puiserait même pas l’eau, mais une sueur encore inconnue. Puissante à faire immerger les murs. Noire. N’épousant aucune forme. Même pas humaine. Conception immaculée du sang à jamais nouveau.

Ainsi refuser. Nier. Nier la trace. Détruire la suite. Refuser et choisir la colère, l’indignation ce doux excrément des blessures secrètes. Refuser et nier le présent. Se suicider au futur. Conjuguer le néant.

Nous n’aurons ni matières, ni empreintes, ni miroirs, ni nuits, ni nuages, ni arbres. Nous n’aurons ni l’amour, ni la soeur, ni soi-même. Nous n’aurons ni sommeil, ni paroles, ni cris.
Nous n’emporterons pas l’oiseau, encore moins son corps. Nous ne réapprendrons pas le goût de la pierre.
Nous effacerons l’empreinte, détruirons la mémoire et perpétuerons le silence.

J’exige le droit de perpétuer le silence.