mardi 15 janvier 2013

Cyclique


Tu marcheras seul dans les méandres de tes pensées

Ainsi soit-il ! Ce sont tes volontés. Mais pas les dernières.

Tu ne sais pas que tu n’es point maître de ton destin et tu ne te souviens même pas de l’avoir confié à une tierce personne. Et je ne serai pas ta mémoire.

De tes mains tu as cru défaire tes liens, ou du moins ce qu’il en reste. Et tes pas ne t’ont mené nulle part. Tu as fini échoué sur des rivages qui ne sont pas tiens. Comme la première fois.

N’as-tu pas jadis demandé la permission aux locataires de ces cieux s’ils voulaient de toi ? Et quand ils t’ont repoussé, ne t’ai-tu pas demandé pourquoi ?

Tu dis toujours que ceux qui posent des questions sont des imbéciles. Et tu ne réponds jamais aux imbéciles. Ça les instruirait, disais-tu.

Ainsi soit-il ! Car quand tu veux, tu ne vas pas jusqu’au bout.

Tu reviens toujours au point de départ, comme une boucle qui n’a pas de fin.

Tu marcheras toujours, infatigable, tel un personnage sorti tout droit d’un roman qui n’a pas encore été écrit et qui attend de te retrouver entre ses pages.

Tu traceras ce que tu penseras être des lignes dont tu auras au passage pris le soin d’effacer la genèse, tels les premiers vers d’une poésie.

Tu seras fatigué parfois, excédé souvent. Mais tu ne t’arrêteras pas pour autant. Car tu auras décidé de poursuivre dans ces chemins. Même sinueux et rudes.

Et tu voudras continuer, pour toujours reprendre au même point. Pour le plaisir du recommencement, tel un Sisyphe qui ne sait plus s’arrêter.

Ainsi soit-il ! Ce sont tes volontés. Mais pas les dernières.